Et si Jouer Créer Ouvrir devenait un cycle long en 2027 ?


Et si “Jouer Créer Ouvrir” devenait un cycle long en 2027 ?
Pourquoi les artistes du spectacle vivant cherchent un autre rythme de création ?
Dans le spectacle vivant, beaucoup d’artistes avancent aujourd’hui dans une forme de contradiction permanente.
Il faut créer vite.
Produire vite.
Diffuser vite.
Répondre vite.
Mais comment approfondir une démarche artistique quand tout pousse à l’accélération ?
Comment laisser émerger une parole singulière lorsque les modèles de production imposent déjà leurs formats, leurs récits et leurs temporalités ?
Depuis plusieurs années, une autre nécessité apparaît chez de nombreux artistes interprètes et créateur·ices : retrouver un espace de recherche qui ne soit pas immédiatement orienté vers la performance, la rentabilité ou la finalisation d’un objet spectaculaire.
C’est précisément là que “Jouer Créer Ouvrir” prend une place particulière.
Non pas comme une méthode.
Non pas comme une technique de développement personnel appliquée au spectacle vivant.
Mais comme un espace de travail exigeant où il devient possible de clarifier sa position d’artiste, son rapport au jeu, au corps, à l’écriture et au collectif.
Et si, justement, cette approche annonçait quelque chose de plus large ?
Et si “Jouer Créer Ouvrir” devenait un véritable cycle long en 2027 ?
Créer vite, produire vite, diffuser vite : les limites du modèle actuel
Depuis longtemps, le secteur culturel fonctionne sous tension :
appels à projets,
calendriers de production serrés,
économie fragile,
nécessité permanente de visibilité.
Dans ce contexte, beaucoup d’artistes finissent par développer une relation utilitaire à leur propre création :
produire pour exister,
répondre pour continuer,
montrer avant même d’avoir cherché.
La difficulté de préserver une recherche artistique profonde
Mais une autre dynamique émerge peu à peu.
De plus en plus d’artistes ressentent le besoin :
de ralentir,
de retrouver un rapport sensible au plateau,
de réinterroger leur présence,
de clarifier leur démarche,
et de sortir des réflexes de représentation.
Le cycle long, ce n’est pas la lenteur passive.
C’est la possibilité de laisser une recherche transformer réellement une pratique.
Le retour d’un temps long dans la création artistique
Le besoin de temps long réapparaît aujourd’hui comme une nécessité artistique et politique.
Dans un environnement où tout pousse à produire rapidement, certains artistes cherchent désormais :
des espaces de traversée,
des cadres de recherche,
des temporalités moins productivistes,
et des processus capables d’accompagner une transformation réelle.
Le temps long permet autre chose :
laisser mûrir une intuition,
traverser des résistances,
modifier une relation au plateau,
déplacer une écriture,
faire émerger une pensée dramaturgique plus profonde.
Ralentir pour approfondir sa pratique artistique
Ralentir ne signifie pas devenir passif·ve.
Il s’agit plutôt de retrouver :
une qualité d’attention,
une précision dans le travail,
une disponibilité au sensible.
Certaines créations ont besoin de silence, d’essais, d’erreurs et de réécritures invisibles.
Le cycle long comme espace de transformation réelle
Le cycle long permet justement d’éviter les réponses immédiates.
Il laisse la possibilité :
d’évoluer,
de reformuler,
de réinterroger un projet,
et parfois même de changer profondément de direction artistique.
“Jouer Créer Ouvrir” : un espace de recherche plus qu’une formation
Ce qui frappe dans la proposition portée par Arnaud Pirault & le Groupenfonction, c’est précisément ce refus de la méthode toute faite.
“Jouer Créer Ouvrir” ne promet pas :
une recette dramaturgique,
une technique miracle,
ou un format reproductible.
La proposition est ailleurs.
Pendant 140 heures réparties sur 18 mois et en 3 modules, les artistes travaillent :
le corps,
les états de jeu,
l’écriture,
la parole sur leur projet,
et les freins internes à leur création.
140 heures sur 18 mois : une temporalité rare dans le spectacle vivant
Cette durée change profondément la nature du travail.
Le projet artistique n’est plus traité comme un exercice ponctuel.
Il devient une recherche accompagnée dans le temps.
Cette temporalité permet :
d’observer des déplacements réels,
de revenir sur certaines intuitions,
et de construire une autonomie progressive.
Un cadre sécurisé sans injonction de performance
Le cadre de travail repose sur :
le consentement permanent,
le droit au stop,
la réversibilité des propositions,
et l’absence d’injonction de performance.
Cette précision du cadre change tout.
Ici, il ne s’agit pas d’être “bon·ne”.
Il s’agit d’être présent·e.
Petit groupe, consentement, réversibilité : une autre manière de travailler
Le groupe limité de 3 à 6 artistes permet :
un accompagnement précis,
une qualité d’écoute rare,
et un véritable espace de recherche partagé.
La dynamique collective ne cherche pas à uniformiser les pratiques.
Elle sert au contraire à renforcer la singularité de chacun·e.
Retrouver des états de jeu non préfabriqués
Le mot “jeu” est souvent vidé de sa puissance dans les écoles ou les environnements professionnels.
On demande parfois aux interprètes :
d’être efficaces,
lisibles,
immédiatement opérationnels.
Mais jouer véritablement suppose autre chose :
accepter l’incertitude,
traverser des états vulnérables,
ne pas savoir immédiatement,
laisser apparaître l’inattendu.
Pourquoi le “jeu” est souvent vidé de sa puissance aujourd’hui ?
Dans de nombreux contextes professionnels, le jeu devient rapidement :
une compétence,
une technique,
un outil de production.
Or, jouer peut aussi être un espace de déséquilibre et de recherche.
Improvisations calibrées et épreuves scéniques comme outils dramaturgiques
Dans “Jouer Créer Ouvrir”, les improvisations calibrées et les épreuves scéniques ne servent pas à produire une forme spectaculaire immédiate.
Elles servent à déplacer les habitudes.
À faire apparaître :
des tensions,
des intuitions,
des désirs,
des résistances,
parfois même des zones encore sans langage.
Et c’est précisément là que le travail dramaturgique commence réellement.
Clarifier un projet sans le normaliser
Aujourd’hui, beaucoup d’artistes arrivent avec une difficulté commune :
parler clairement de leur projet sans avoir à le simplifier ou le normaliser.
Les dispositifs institutionnels demandent souvent :
des intentions claires,
des formats identifiables,
des narrations structurées très tôt.
Mais certaines créations ont besoin d’un autre temps.
Créer sans se conformer aux formats attendus
Quand l’écriture devient un outil d’orientation plutôt que de justification
“Jouer Créer Ouvrir” semble justement créer les conditions d’une clarification sans standardisation.
Le flou n’y est pas considéré comme une faiblesse.
Il devient parfois un matériau de travail.
L’écriture sert ici à :
mettre en ordre,
repérer des lignes de force,
nommer certaines tensions,
et accompagner la pensée dramaturgique.
Elle devient un outil d’orientation plutôt qu’un outil de validation.
La cartographie artistique plutôt qu’une méthode figée
L’un des aspects les plus singuliers de la formation est probablement cette idée de cartographie.
Cartographier un projet, ce n’est pas :
figer une œuvre,
verrouiller une intention,
ou produire un dossier définitif.
Cartographier ce qui manque, déborde ou résiste
La cartographie permet de rendre visible :
ce qui est déjà là,
ce qui manque,
ce qui déborde,
ce qui résiste,
ce qui demande encore du temps.
Le collectif comme espace d’autonomie artistique
C’est peut-être le paradoxe le plus fort de “Jouer Créer Ouvrir” :
le collectif n’y sert pas à diluer les singularités.
Au contraire.
Le groupe devient un espace de clarification individuelle.
Vers une autonomie dramaturgique consciente
L’autonomie artistique n’est plus pensée comme une injonction à tout faire seul·e.
Elle devient une capacité à :
situer sa recherche,
identifier ses besoins,
formuler ses appuis,
et construire consciemment son processus de création.
“Nous sommes témoins, pas spectateurs”
Cette phrase présente dans la formation résume une posture essentielle.
Le regard de l’autre n’est pas là pour juger ou valider.
Il agit comme présence, écoute et résonance.
Le groupe comme partenaire de recherche sensible
La présence des autres devient :
témoin,
surface de résonance,
miroir dramaturgique,
partenaire de recherche.
Cette nuance transforme profondément la relation :
à l’exposition,
au regard,
à la validation,
et même à la représentation.
Pourquoi cette approche pourrait devenir centrale en 2027 ?
Le spectacle vivant traverse aujourd’hui une mutation profonde.
Les artistes cherchent de plus en plus :
des espaces intermédiaires,
des laboratoires sensibles,
des cadres de recherche sécurisés,
et des temporalités moins productivistes.
Le spectacle vivant face à l’épuisement productiviste
Les logiques de diffusion permanente montrent aujourd’hui leurs limites :
fatigue créative,
standardisation des formes,
difficulté à approfondir les démarches.
Des laboratoires sensibles deviennent nécessaires à la création contemporaine
Dans ce contexte, des formations comme “Jouer Créer Ouvrir” pourraient devenir essentielles.
Non comme alternatives marginales.
Mais comme infrastructures nécessaires à la création contemporaine.
Vers une nouvelle écologie de la création artistique
Et si le véritable enjeu des prochaines années était là ?
Non pas produire davantage.
Mais créer autrement.
Créer autrement plutôt que produire davantage
Avec :
plus de présence,
plus de conscience,
plus d’écoute,
plus de précision dans les processus,
et plus de place pour la recherche réelle.
Le déplacement du rapport au corps, au travail et à l’œuvre
Le cycle long dont il est question ici n’est pas uniquement temporel.
C’est un déplacement profond :
du rapport au travail,
du rapport au collectif,
du rapport au corps,
et du rapport à l’œuvre elle-même.
FAQ - Jouer Créer Ouvrir et la recherche artistique
1. À qui s’adresse la formation “Jouer Créer Ouvrir” ?
La formation s’adresse principalement aux artistes interprètes et créateur·ices du spectacle vivant :
théâtre,
danse,
performance,
cirque,
pratiques pluridisciplinaires.
Elle est pensée pour les personnes souhaitant approfondir leur démarche artistique, clarifier leur projet de création et renforcer leur autonomie dramaturgique.
2. Faut-il déjà avoir un projet précis pour participer ?
Non.
“Jouer Créer Ouvrir” n’exige pas un projet totalement défini.
Au contraire, la formation accueille aussi :
les intuitions encore fragiles,
les projets en cours de transformation,
les recherches ouvertes,
ou les moments de transition artistique.
Le travail permet justement de clarifier ce qui cherche encore sa forme.
3. Quelle différence avec un stage classique de théâtre ou d’interprétation ?
La proposition ne vise pas uniquement l’acquisition d’outils techniques ou de compétences de jeu.
“Jouer Créer Ouvrir” fonctionne davantage comme :
un laboratoire de recherche,
un espace dramaturgique,
et un processus d’autonomisation artistique.
Le but n’est pas de produire rapidement une forme spectaculaire, mais de transformer la relation :
au plateau,
au corps,
au collectif,
et à son propre processus de création.
4. Pourquoi travailler sur un cycle long de 18 mois ?
Parce que certaines transformations artistiques demandent du temps.
Le format long permet :
d’intégrer réellement les expériences traversées,
de laisser évoluer un projet,
de revenir sur certaines résistances,
et d’observer les déplacements de manière plus profonde.
Cette temporalité favorise une recherche durable plutôt qu’une réponse immédiate.
5. Que signifie “autonomie dramaturgique” dans la formation ?
L’autonomie dramaturgique désigne la capacité :
à situer sa recherche artistique,
à comprendre les enjeux de son projet,
à identifier ses besoins,
et à construire consciemment son propre processus de création.
Il ne s’agit pas de “tout faire seul·e”, mais de développer une relation plus claire et plus active à son travail artistique.
6. Pourquoi l’absence d’injonction de performance est-elle importante ?
Parce que beaucoup d’artistes travaillent déjà dans des environnements fortement marqués par :
l’évaluation,
la rentabilité,
la visibilité,
et la nécessité de produire rapidement.
Dans “Jouer Créer Ouvrir”, l’absence d’injonction de performance permet :
d’explorer sans devoir réussir immédiatement,
de prendre des risques sensibles,
et de retrouver une relation plus vivante au jeu et à la création.
7. La formation est-elle finançable ?
Oui.
La formation “Jouer Créer Ouvrir” est finançable par l’Afdas selon votre situation professionnelle.
8. Pourquoi travailler en petit groupe de 3 à 6 artistes ?
Le petit groupe permet :
une qualité d’écoute plus profonde,
un accompagnement individualisé,
et un véritable espace de confiance.
Cette configuration favorise aussi une dynamique collective où chaque participant·e peut trouver sa place sans disparaître dans le groupe.
9. Que signifie la phrase : “Nous sommes témoins, pas spectateurs” ?
Cette phrase résume une posture essentielle de la formation.
Les participant·es ne sont pas là pour juger, valider ou consommer une performance.
Le groupe agit plutôt comme :
espace de présence,
surface de résonance,
partenaire de recherche,
et soutien dramaturgique.
Cela transforme profondément le rapport :
au regard,
à l’exposition,
et au processus de création lui-même.
Conclusion :
et si 2027 ouvrait une autre manière de créer ?
“Jouer Créer Ouvrir” ne cherche pas à former des artistes conformes.
La proposition semble beaucoup plus ambitieuse :
créer les conditions où une parole artistique peut réellement se préciser.
Dans un secteur souvent dominé par l’urgence, cette approche réintroduit :
du temps,
de l’écoute,
de la présence,
et une autre manière d’habiter la création.
Et si 2027 marquait justement le début de ce mouvement plus profond ?
Un moment où les artistes ne chercheraient plus seulement à produire,
mais à construire une autonomie sensible, dramaturgique et collective durable.
Si cette pensée résonne, rejoins la liste.




